• Je ne possède pas de portrait de Philippe NOËL, le grand-père de mon arrière-grand-père. Il était journalier et n’avait les moyens de payer un peintre ! Je n’ai pas non plus sa description physique car les registres de recensement de cette époque n’existent pas. Il était conscrit en 1790. Mais j’ai la description de son fils Jacques Philippe : yeux gris, nez long, menton rond, teint coloré (évidemment, il travaillait la terre toute la journée), cheveux châtain foncé, grande bouche, petite vérole, 1,664 m.

    Philippe NOËL est né le samedi 18 février 1769 à Vacheresses-les-basses et baptisé le jour même. Il est fils de Guillaume NOËL, journalier, batteur en grange, et de Marie-Élisabeth VIET. Sur son ordre de mise à la retraite, il est indiqué qu’il est né en 1760.

    Il a 8 frères et sœurs. Son père meurt le 25 mai 1777, à 48 ans, dans le ruisseau, à l’endroit dit « le moulin chaud ».

    Sa mère se remarie en 1780 avec Noël Lamarre. Les veuves devaient attendre au moins 8 mois avant de se remarier. Ce n’était pas le cas des veufs qui se remariaient parfois quelques mois après le décès de leur femme. Ce fut le cas de Guillaume NOËL, grand-père de Philippe (3 femmes et 16 enfants) et de Guillaume, son arrière-grand-père (4 femmes et 13 enfants). Ceux-ci, bien que journaliers, sont morts relativement âgés (67 et 71 ans).

    Philippe Noël a fait la guerre dans les armées de la République et de Napoléon pendant 17 ans. Il faisait partie du 55 è régiment de ligne et était fusilier.

    Il est entré en service pour la réquisition pour combattre les Vendéens le 1 mai 1793. Il a ensuite fait les campagnes de guerre (14 campagnes en tout) des ans II à IX, des ans XII et XIII (côtes de l’Océan), vendémiaire an XIII et ans 14, 1806, 1807 en Prusse et Pologne.

    Il fut blessé d’un coup de feu au talon à la bataille de la Trébia le 1 messidor an VII (19 juin 1799).

    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

    Le régiment participa aux batailles d’Austerlitz (1805), Iéna (1806), et pour la Prusse et la Pologne : Lübeck (1806), Eylau (1807), Heilsberg (1807)

    Il demanda sa mise à la retraite le 25 janvier 1810 (il avait 40 ans) en raison d’une loupe (excroissance de chair) volumineuse sur la région lombaire, ce qui empêchait le port de l’équipement de guerre. Le bulletin de mise à la retraite dit qu’il était « hors d’état de continuer ses services et usé par les fatigues de la guerre ». L’officier de santé attaché au 55 è régiment de ligne estima qu’ « il est susceptible de retraite ».

    Il reçoit une pension de 193 francs pour 27 ans 11 mois de service (les années de guerre en Europe comptent double). Depuis la loi du 14/12/1790, la pension n’était plus une faveur ou une grâce mais était due aux militaires ayant servi longtemps dans les armées ou aux soldats blessés lourdement lors des combats.

    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

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    Le 25 septembre 1809, un fils de Marie-Catherine Chevalier naît et décède le même jour (sexe non indiqué). On ne sait pas qui est le père. Philippe Noël ? De toute façon, il épouse la mère le mercredi 2 mai 1810 à Vacheresses-les-Basses. Il faut savoir que Napoléon voulait célébrer son mariage avec Marie-Louise (le 22 avril 1810) en encourageant 6000 militaires en retraite à marier, le même jour, « une fille de leur commune ». En fait, beaucoup de ces mariages eurent lieu en avril et mai. Les mariés recevaient une dot (1200 francs à Paris et 600 francs dans le reste de l’Empire). En principe, c’était le Conseil municipal de la commune qui choisissait la fille à marier. Je n’ai pas confirmation que Philippe Noël faisait partie des mariés car il semble que les registres de délibérations de Vacheresses n’existent plus. Le site France Genweb a recensé 1000 mariages environ dans toute la France. Philippe Noël, habitant à Vacheresses, relevait de la justice de paix de Nogent-le-Roulebois (nom de Nogent-le-Roi à l’époque de la Révolution), le Roulebois, affluent de l’Eure, est la rivière qui passe à Nogent.

    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

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    Aucun des époux ne savait signer. Le couple eut deux enfants, tous deux mort-nés (1811 et 1812). Marie Catherine Chevalier décéda en couches en 1812.

    Philippe se remaria trois mois plus tard avec Marie Catherine Deshayes. Ils eurent un seul enfant : Jacques Philippe, né en 1813, mon arrière-arrière-grand-père.

    Le 4 août 1823, son épouse Marie Catherine meurt, Philippe est âgé de 54 ans. Il se remarie trois mois plus tard avec Marie Jeanne Couturier, le 12 novembre 1823, dont il eut une fille en 1824 : Louise Anastasie.

    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

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    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

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    Depuis sa mise à la retraite, Philippe Noël était journalier et garde-champêtre. Il mourut à Nogent-le-Roi, le mercredi 15 février 1837, âgé de 67 ans.

    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

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    Tous les renseignements concernant la vie militaire ont été obtenus au SHD à Vincennes.

    Registre des troupes du 55 ème régiment de ligne : cote 21 YC 457

     

    Pension : cote 2YF 14919


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  • Voici le compte-rendu d'une bagarre en 1873. J'ai un peu élagué et supprimé le nom des délinquants. Prudent Noël était mon arrière-grand-père et Honoré Duteilleul était son futur beau-père (donc mon arrière-arrière-grand-père). À cette époque, le prénom couramment utilisé était le dernier des prénoms officiels : Prudent NOËL s'appelait Eugène Modeste Prudent et Honoré Duteilleul s'appelait Jean Louis Joseph Honoré.

    Procès verbal d’une attaque nocturne : 5 octobre 1873  

    Le sieur Lefèvre Alphonse natif de Pierres âgé de 21 ans était avec le nommé Prudent Noël de Vacheresses-les-Basses, il a passé la soirée chez M. Duteilleul. Il se plaint d’avoir été attaqué par le nommé R. Paul accompagné de Eugène T. de cette commune, lorsqu’il était dans la cour de M. Duteilleul le dimanche 5 octobre mil huit cent soixante-treize à onze heures du soir. M. Duteilleul Honoré, âgé de 54 ans, cultivateur à Villiers, déclare que les jeunes gens qui ont porté plainte ont passé la soirée chez lui, ainsi qu’ils y ont été autorisés par lui, et ainsi qu’ils y sont venus plusieurs fois auparavant. 

    M. Gautier-Cochon, cafetier, déclare que sur les neuf heures et quart et neuf heures et demie, deux jeunes gens se sont présentés à la porte en demandant qu’on leur servît à boire. M. Gautier ouvrit sa porte qui était fermée et leur parla en refusant de les laisser entrer, il vit alors que ces deux jeunes gens étaient porteurs de forts bâtons. Il referma sa porte en voyant l’insistance avec laquelle ils renouvelaient leur demande. 

    Ces deux jeunes gens sont, d’après la déposition du sieur Lefèvre Alphonse, sus nommé : Alexandre L....et Jules M., tous deux de Pierres. 

    Les nommés R. Paul et T. Eugène déclarent s’être battus le même jour à onze heures environ avec les jeunes gens armés de bâtons, rixe dont il s’est suivi coups et blessures. 

    Les sieurs T. Eugène et R. après s’être amusés en plaisantant et avoir changé de coiffure avec L. et M., une dispute s’est engagée entre R. et L., d’où il est résulté pour R. quelques coups de bâton. R. avait aussi un bâton, le sieur T. avait également un bâton. Celui de R.était un manche de fourche. T. rapporte que M., au moment où la lutte s’engagea entre R. et L., lui dit en lui prenant le bras « ne nous mêlons pas de l’affaire, si tu t’en occupes, je m’en occuperai aussi », il reçut un coup de bâton de L.... 

    Après s’être battus, R. et T. revenaient vers le village (T. ayant encore son bâton, mais R. n’étant plus armé, car il avit été désarmé dans la lutte) ils s’arrêtèrent à la porte de M. Honoré Duteilleul et s’avancèrent, vers le sieur Lefèvre. R. réclama avec exigence du dit Lefèvre sa casquette, en lui disant que celui-ci redemanderait la sienne à L.

    Sur le refus de Lefèvre, R. lui prit sa casquette sur sa tête, en le prenant à la gorge, Lefèvre dit qu’ayant voulu reprendre sa casquette, R. le serra plus fort, et l’entraîna jusque sur le chemin. A la suite de cela et lorsque R. l’eut lâché, il s’en alla faire sa déposition chez le garde-champêtre ; il était onze heures environ.

    Pendant l’interrogatoire, fait par nous maire de Villiers-le-Morhiers, ayant invité R. à aller chercher la casquette de Lefèvre Alphonse pour la rendre, celui-ci resta assez longtemps pour que le garde aille le chercher. On le trouva à boire au cabaret.

    Fait en mairie à Villiers-le-Morhier, par nous maire de Villiers-le-Morhiers, en présence de M. Courvas garde-champêtre, et de M. Lhopital secrétaire de la mairie, et en présence du sieur Lefèvre plaignant et des sieurs R. et T., délinquants.

      

     


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