• Cartes 14/18

    Cartes 14/18

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    pas de rapport avec la guerre mais elle doit dater à peu près de la même époque :

    Cartes 14/18

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    Cartes envoyées par Lucien Noël

     

    Calendrier de 1915

    Campagne 1914-1915   Souvenir du vaguemestre du 267 è d’infanterie

     

    Carte en couleurs « la mitrailleuse »

    Envoi de Noël ...... 267 è d’infanterie 5 è bataillon 18 è 6... secteur postal 109

    30/03/1915

    Chère grand mère

    Depuis 4 mois que je suis parti, il faut tout de même que je vous envoie une petite carte. Je vous souhaite une bonne santé et bon courage. Je me porte bien et je vous engage à attendre patiemment mon retour.                              L.Noël

    (adressée à Veuve Duteilleul à Villiers-le-morhier)

     

    Carte postale en couleurs « Guillaume et 3 généraux français sont allés sur ce champ de bataille. Trouvez-les

    30/03/1915

    Mon cher Pierrot

    Je t’envoie cette petite carte pour te distraire. Tu me diras si tu as trouvé Guillaume et les 3 généraux français. Ils sont bien visibles. Bonjour à Grand’mère, à maman et aux petits pour moi. Sois toujours bien sage et aide bien ta pauvre maman. Ton papa.

     

    Carte postale en couleurs « Veille de Noël sur le front»qui représente des soldats plumant des dindes  publicité Dubonnet

    8/15

    Grand-mère

    A vous pour le battage du grain et la popote, j’envoie cette veille de Noël sur le front. Dites-moi, si vous croyez que l’on en ait eu autant, à moins que ce soit dans les châteaux

    Je vous embrasse bien fort

    (adressée à Mme Vve Duteilleil de la part de son gendre. Ah ! les belles-mères)

     

    Carte postale en couleurs « tir au pigeon » publicité Dubonnet

    8/15

    Mon Georges

    Toi en récompense de ton travail, je t’envoie le tir au pigeon. C’est la mitrailleuse qui tire sur le pigeon et le pigeon c’est le Taube. Embrasse bien grand’mère pour moi. Ton papa                     L.Noël

    (adressée à Monsieur Georges Noël chez sa maman)

     

    Photo dans les tranchées

    25/8/15

    Chère maman,

    A vous j’envoie la première de mes photos de guerre. Je ne pourrai envoyer les autres que plus tard. Celle-la c’est l’épreuve que le photographe m’a donnée ce matin. Vous verrez que je n’ai pas beaucoup changé et que la guerre ne m’a pas bien usé au physique. Pour le moral il est toujours bon. Je vous embrasse de bon coeur et vous remercie du soin que vous prenez de ma petite famille.                     L Noël

     (Campagne de France 1914-1915 Devant Presle et Bove au bord de l’Aisne Face à Vailly)

     

    Carte en couleurs « Un taube passe », pub pour « Dubonnet »

    8/15

    Ma petite femme

    Toi qui diriges tout ça, tu vas recevoir une vue te montrant ton papa dans sa tranchée regardant un taube. Si c’était un Blériot, il pourrait essayer d’y grimper pour te porter des bécots. Je t’en colles un milion.                               L.Noël

                                  (adressée à Mme Noël Désirée de la part de son poilu. Vivent les poilus

     

    Photo dans les tranchées

    7/9/15

    Mon cher Pierre

    Tu es déjà assez grand et sérieux pour apprécier les misères de cette guerre qui a laisé tant de ménages et coûte déjà tant de vies. Je t’envoie donc un souvenir, mais aie confiance, de ce triste souvenir nous travaillons à l’égayer un peu par la chute définitive de ce maudit empire boche et barbare. Je t’embrasse de tout coeur Ton papa poilu                       L.Noël

     

    7/9/15

    Mon gros Georges

    Tu es encore jeune mais tu dois déjà sentir combien la séparation de ton papa est dure. Plus tard, tu sentiras mieux ce que cette guerre a de triste. Alors tu seras heureux de savoir que papa a contribué un peu à la délvrance du sol de la France. Embrasse bien ta maman et ta grand-mère pour moi, car elles le méritent. Je t’embrasse bien fort. Ton papa poilu. L Noël

     

    Carte postale en couleurs « calendrier de l’amour 1917)

    Meuse 28/12/1916

    Ma chère petite femme

    En plus de la correspondance que j’ai l’intention de reprendre, je me paie la fantaisie de vous envoyer à tous ainsi qu’à Simone une petite carte pour vous adresser tous mes voeux de bonne année. J’ai choisi celle-ci pour nous pauvres amoureux séparés, bien vieux, mais quand même sincères. Je souhaite que ce calendrier soit le dernier à effeuiller dans les tristesses de la séparation. Je me porte très bien ma purge m’a soulagé. Un gros bécot de ton poilu.                  L.Noël

     

    Une carte pas datée : en couleurs « lanciers belges défendant une route » publicité Dubonnet

    * car les canons de tranchées qu’il est question ne font que démolir et bouleverser la terre. On ne s’en était pas aperçu et je ne l’ai su que par les journaux et pourtant c’est en face nous. A propos pour le colis, mets-moi une douzaine de feuilles de papier pas plus grand que le tien et 6 petites enveloppes. J’en ai par ici et c’est trop grand. Tu vois que je réclame bien ce que j’ai besoin. Je vous embrasse tous comme je vous aime bien fort.

    Votre papa L.Noël

     

    Une autre carte écrite par quelqu’un d’autre : en couleurs « frères d’armes Angleterre, Italie, France, Belgique, Russie »

    La Mousse 3 _bre 1915

    Cher ami,

    La réponse se fait toujours attendre, mais enfin elle arrive tout de même, je vous remercie de votre carte, vous êtes bien photographié avec quelques années de plus sur la tête ; quand vous écrivez vous ne nous parlez jamais de Pierre, ce doit maintenant être un petit homme, je m’informe de lui parce que nous l’avons connu, il était encore tout petit quand vous nous avez quittés, il doit être grand et fort. Je pense que dans votre secteur vous avez toujours la même vie, que vous êtes à peu près calme et tranquille, en ce moment-ci nos braves français font de la bonne besogne, nous sommes très heureux quand nous avons de bonnes nouvelles comme depuis huit jours, les Russes se sont mis aussi au travail, ils marchent bien ce moment


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  • Mon grand-père Lucien NOËL est né le 14/09/1874 à Pierres, fils de Eugène Modeste Prudent NOËL, laitier, cantonnier, jardinier

    Lucien Noël, poilu

    Lucien Noël, poilu

    et de Marie Pauline Adelphine DUTEILLEUL.

    Lucien Noël, poilu

    la tombe d'Adelphine :

    Lucien Noël, poilu

    Lucien Noël, poilu

    Il avait une sœur, Lucia (1880-1948)

    Lucien Noël, poilu

     

    Il a fait son service militaire en 1894 à Baccarat (8 è de chasseurs à pied)

    Lucien Noël, poilu

    Il a habité aux Mureaux. Lors de la conscription, en 1894, il était charcutier à Milly, Seine-et-Oise puis a été charcutier à Laigle en 1903/1904, 27 rue Saint Jean.

    Lucien Noël, poilu

    Lucien Noël, poilu

     

    Laigle, rue Saint Jean :

    Lucien Noël, poilu

    Lucien Noël, poilu

    Il s'est marié à Villiers le 17/04/1902 avec sa cousine germaine Zoé Désirée Constance DUTEILLEUL, même âge. ils avaient tous les deux 28 ans.

    Lucien Noël, poilu

     

    ouvrier sellier, à Nogent-le-Roi :

    Lucien Noël, poilu

    La fiche matricule donne les renseignements suivants : cheveux et sourcils châtains, yeux roux, menton rond, visage ovale, taille 1,61 m.

    Incorporé à compter du 16 novembre 1895. N° matricule 2747. Caporal le 1 juin 1896. Sergent le 2 septembre 1897. Rétrogradé caporal le 25 mars 1898. Passé au 4 è de chasseurs. Affecté lau 9 è régiment d'infanterie le 15/11/1914 puis au  64 è reg d'infanterie le 12/11/1915. puis au 4 è bataillon de pionniers le 15/08/1918. Envoyé sur le 101 è rég. d'infanterie le 10/01/1919 pour être mis en congé illimité 1 er échelon. Se retire à Villiers. Réintégré par suite de sa libération. Campagne contre l'Allemagne du 15/11/1914 au 09/01/1919.

    A accompli une période d'exercices dans le 20 è bataillon de chasseurs à pied du 30/09/1901. A accompli une deuxième période d'exercices dans le 20 è bataillon de chasseurs à pied du 17/09 au 22/10/1904.

    Passé dans la circonscription de Dreux le 13/10/1908 ayant fixé son domicile à  Villiers-le-Morhier

    matricule 2780 à la conscription 

    Rappelé à l'activité par décret de mobilisation générale du 01/08/1914. N'a pas rejoint, étant placé en sursis d'appel jusqu'au 25 septembre 1914 au titre de moulin.

    A accompli une période d'exercices dans le 29 è régiment territorial d'infanterie du 16 au 24 mai 1911. Passé dans la réserve de l'armée territoriale l 1/10/1915. Libéré du service militaire le 1/10/1922. 

    Pour trouver la fiche matricule, je suis allé sur le site des Archives des Yvelines, catégorie registres matricules, saisi le nom, l'année de conscription.

    Lucien Noël, poilu

    La charcuterie de Laigle n'ayant pas marché, ils sont revenus à Villiers et a été ouvrier sellier chez Legras à Nogent-le-Roi. Il a été aussi ouvrier dans une fonderie, meunier, cantonnier vicinal...

    Lucien Noël, poilu

     

    la maison de Villiers, 2è à droite en descendant:

    Lucien Noël, poilu

     

    une enquête concernant la consommation de charbon (dupliqué grâce à la pierre humide à reproduire, un système qui existait encore à l'école en 1955. C'était une sorte de pâte sur laquelle on appliquait le texte écrit avec une encore violette qui avait des reflets dorés, cela permettait de dupliquer une dizaine de documents, les autres étaient moins lisibles)

    Lucien Noël, poilu

    Il a 40 ans quand la guerre éclate. 

    Lucien Noël, poilu

    Lucien Noël, poilu

     

    Je ferai un autre article sur la correspondance.

    En 1903, il a acheté une sente (acte notarié du 30/04/1903).

    Lucien Noël, poilu

    Lucien Noël, poilu

    Il a eu plusieurs enfants : Pierre (1903/1990), une enfant mort-né en 1905, Paul (enfant né en 1906 qui n'a pas vécu), Georges (1907/1929), il était malade (tuberculose) et Paul, mon père (1911/1997).

    photo prise avant 1929 : de gauche à droite : Pierre, Désirée, vraisemblablement Georges, Lucien et mon père Paul.

    Lucien Noël, poilu

    en 1936, au mariage de Pierre, avec, à droite, les parents de Laurence Habert, femme de mon oncle Pierre :

    Lucien Noël, poilu

    avec Marthe ma mère, entre 1939 et 1945. Mon père est absent sur ces photos puisqu'il était prisonnier :

    Lucien Noël, poilu

     

    Lucien Noël, poilu

    Lucien Noël, poilu

    Lucien Noël, poilu

    à ma naissance, en 1946, il porte le chapeau de marraine :

    Lucien Noël, poilu

    en 1948, à gauche, c'est moi ! :

    Lucien Noël, poilu

     

    dans les années 60, repas des anciens, avec Mmes Penelle et Grimoux, M Delaune :

    Lucien Noël, poilu

    Il est décédé le 30/08/1962 à Villiers


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  • Je ne possède pas de portrait de Philippe NOËL, le grand-père de mon arrière-grand-père. Il était journalier et n’avait les moyens de payer un peintre ! Je n’ai pas non plus sa description physique car les registres de recensement de cette époque n’existent pas. Il était conscrit en 1790. Mais j’ai la description de son fils Jacques Philippe : yeux gris, nez long, menton rond, teint coloré (évidemment, il travaillait la terre toute la journée), cheveux châtain foncé, grande bouche, petite vérole, 1,664 m.

    Philippe NOËL est né le samedi 18 février 1769 à Vacheresses-les-basses et baptisé le jour même. Il est fils de Guillaume NOËL, journalier, batteur en grange, et de Marie-Élisabeth VIET. Sur son ordre de mise à la retraite, il est indiqué qu’il est né en 1760.

    Il a 8 frères et sœurs. Son père meurt le 25 mai 1777, à 48 ans, dans le ruisseau, à l’endroit dit « le moulin chaud ».

    Sa mère se remarie en 1780 avec Noël Lamarre. Les veuves devaient attendre au moins 8 mois avant de se remarier. Ce n’était pas le cas des veufs qui se remariaient parfois quelques mois après le décès de leur femme. Ce fut le cas de Guillaume NOËL, grand-père de Philippe (3 femmes et 16 enfants) et de Guillaume, son arrière-grand-père (4 femmes et 13 enfants). Ceux-ci, bien que journaliers, sont morts relativement âgés (67 et 71 ans).

    Philippe Noël a fait la guerre dans les armées de la République et de Napoléon pendant 17 ans. Il faisait partie du 55 è régiment de ligne et était fusilier.

    Il est entré en service pour la réquisition pour combattre les Vendéens le 1 mai 1793. Il a ensuite fait les campagnes de guerre (14 campagnes en tout) des ans II à IX, des ans XII et XIII (côtes de l’Océan), vendémiaire an XIII et ans 14, 1806, 1807 en Prusse et Pologne.

    Il fut blessé d’un coup de feu au talon à la bataille de la Trébia le 1 messidor an VII (19 juin 1799).

    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

    Le régiment participa aux batailles d’Austerlitz (1805), Iéna (1806), et pour la Prusse et la Pologne : Lübeck (1806), Eylau (1807), Heilsberg (1807)

    Il demanda sa mise à la retraite le 25 janvier 1810 (il avait 40 ans) en raison d’une loupe (excroissance de chair) volumineuse sur la région lombaire, ce qui empêchait le port de l’équipement de guerre. Le bulletin de mise à la retraite dit qu’il était « hors d’état de continuer ses services et usé par les fatigues de la guerre ». L’officier de santé attaché au 55 è régiment de ligne estima qu’ « il est susceptible de retraite ».

    Il reçoit une pension de 193 francs pour 27 ans 11 mois de service (les années de guerre en Europe comptent double). Depuis la loi du 14/12/1790, la pension n’était plus une faveur ou une grâce mais était due aux militaires ayant servi longtemps dans les armées ou aux soldats blessés lourdement lors des combats.

    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

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    Le 25 septembre 1809, un fils de Marie-Catherine Chevalier naît et décède le même jour (sexe non indiqué). On ne sait pas qui est le père. Philippe Noël ? De toute façon, il épouse la mère le mercredi 2 mai 1810 à Vacheresses-les-Basses. Il faut savoir que Napoléon voulait célébrer son mariage avec Marie-Louise (le 22 avril 1810) en encourageant 6000 militaires en retraite à marier, le même jour, « une fille de leur commune ». En fait, beaucoup de ces mariages eurent lieu en avril et mai. Les mariés recevaient une dot (1200 francs à Paris et 600 francs dans le reste de l’Empire). En principe, c’était le Conseil municipal de la commune qui choisissait la fille à marier. Je n’ai pas confirmation que Philippe Noël faisait partie des mariés car il semble que les registres de délibérations de Vacheresses n’existent plus. Le site France Genweb a recensé 1000 mariages environ dans toute la France. Philippe Noël, habitant à Vacheresses, relevait de la justice de paix de Nogent-le-Roulebois (nom de Nogent-le-Roi à l’époque de la Révolution), le Roulebois, affluent de l’Eure, est la rivière qui passe à Nogent.

    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

    Aucun des époux ne savait signer. Le couple eut deux enfants, tous deux mort-nés (1811 et 1812). Marie Catherine Chevalier décéda en couches en 1812.

    Philippe se remaria trois mois plus tard avec Marie Catherine Deshayes. Ils eurent un seul enfant : Jacques Philippe, né en 1813, mon arrière-arrière-grand-père.

    Le 4 août 1823, son épouse Marie Catherine meurt, Philippe est âgé de 54 ans. Il se remarie trois mois plus tard avec Marie Jeanne Couturier, le 12 novembre 1823, dont il eut une fille en 1824 : Louise Anastasie.

    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

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    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

    Depuis sa mise à la retraite, Philippe Noël était journalier et garde-champêtre. Il mourut à Nogent-le-Roi, le mercredi 15 février 1837, âgé de 67 ans.

    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

    Philippe NOËL, soldat de la Révolution et de l'Empire

    Tous les renseignements concernant la vie militaire ont été obtenus au SHD à Vincennes.

    Registre des troupes du 55 ème régiment de ligne : cote 21 YC 457

     

    Pension : cote 2YF 14919


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  • Voici le compte-rendu d'une bagarre en 1873. J'ai un peu élagué et supprimé le nom des délinquants. Prudent Noël était mon arrière-grand-père et Honoré Duteilleul était son futur beau-père (donc mon arrière-arrière-grand-père). À cette époque, le prénom couramment utilisé était le dernier des prénoms officiels : Prudent NOËL s'appelait Eugène Modeste Prudent et Honoré Duteilleul s'appelait Jean Louis Joseph Honoré.

    Procès verbal d’une attaque nocturne : 5 octobre 1873  

    Le sieur Lefèvre Alphonse natif de Pierres âgé de 21 ans était avec le nommé Prudent Noël de Vacheresses-les-Basses, il a passé la soirée chez M. Duteilleul. Il se plaint d’avoir été attaqué par le nommé R. Paul accompagné de Eugène T. de cette commune, lorsqu’il était dans la cour de M. Duteilleul le dimanche 5 octobre mil huit cent soixante-treize à onze heures du soir. M. Duteilleul Honoré, âgé de 54 ans, cultivateur à Villiers, déclare que les jeunes gens qui ont porté plainte ont passé la soirée chez lui, ainsi qu’ils y ont été autorisés par lui, et ainsi qu’ils y sont venus plusieurs fois auparavant. 

    M. Gautier-Cochon, cafetier, déclare que sur les neuf heures et quart et neuf heures et demie, deux jeunes gens se sont présentés à la porte en demandant qu’on leur servît à boire. M. Gautier ouvrit sa porte qui était fermée et leur parla en refusant de les laisser entrer, il vit alors que ces deux jeunes gens étaient porteurs de forts bâtons. Il referma sa porte en voyant l’insistance avec laquelle ils renouvelaient leur demande. 

    Ces deux jeunes gens sont, d’après la déposition du sieur Lefèvre Alphonse, sus nommé : Alexandre L....et Jules M., tous deux de Pierres. 

    Les nommés R. Paul et T. Eugène déclarent s’être battus le même jour à onze heures environ avec les jeunes gens armés de bâtons, rixe dont il s’est suivi coups et blessures. 

    Les sieurs T. Eugène et R. après s’être amusés en plaisantant et avoir changé de coiffure avec L. et M., une dispute s’est engagée entre R. et L., d’où il est résulté pour R. quelques coups de bâton. R. avait aussi un bâton, le sieur T. avait également un bâton. Celui de R.était un manche de fourche. T. rapporte que M., au moment où la lutte s’engagea entre R. et L., lui dit en lui prenant le bras « ne nous mêlons pas de l’affaire, si tu t’en occupes, je m’en occuperai aussi », il reçut un coup de bâton de L.... 

    Après s’être battus, R. et T. revenaient vers le village (T. ayant encore son bâton, mais R. n’étant plus armé, car il avit été désarmé dans la lutte) ils s’arrêtèrent à la porte de M. Honoré Duteilleul et s’avancèrent, vers le sieur Lefèvre. R. réclama avec exigence du dit Lefèvre sa casquette, en lui disant que celui-ci redemanderait la sienne à L.

    Sur le refus de Lefèvre, R. lui prit sa casquette sur sa tête, en le prenant à la gorge, Lefèvre dit qu’ayant voulu reprendre sa casquette, R. le serra plus fort, et l’entraîna jusque sur le chemin. A la suite de cela et lorsque R. l’eut lâché, il s’en alla faire sa déposition chez le garde-champêtre ; il était onze heures environ.

    Pendant l’interrogatoire, fait par nous maire de Villiers-le-Morhiers, ayant invité R. à aller chercher la casquette de Lefèvre Alphonse pour la rendre, celui-ci resta assez longtemps pour que le garde aille le chercher. On le trouva à boire au cabaret.

    Fait en mairie à Villiers-le-Morhier, par nous maire de Villiers-le-Morhiers, en présence de M. Courvas garde-champêtre, et de M. Lhopital secrétaire de la mairie, et en présence du sieur Lefèvre plaignant et des sieurs R. et T., délinquants.

      

     


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